Le procès d’Othello; La rencontre entre l’une des tragédies les plus célèbres et certains principes du droit criminel.

La tragédie des grandes œuvres est celle de l’analyse, lorsque l’érudit en dissèque chaque aspect, analyse et identifie chacune de ses composantes. En ce sens, l’œuvre de Shakespeare est comme le rat de laboratoire : généralement, tout le monde a eu la chance de disséquer l’un ou l’autre durant son parcours scolaire. À la faculté de Droit, il est devenu plus rare de toucher à l’un des deux sujets, le scalpel du légiste étant plus à l’aise dans les entrailles de la jurisprudence que dans les mystères de la littérature. Pourtant, il y aurait de quoi occuper un juge pendant plusieurs décennies si des accusations pouvaient être portées contre certains des protagonistes de l’œuvre shakespearienne!

Dans l’une des tragédies les plus célèbres de Shakespeare, Othello est un Maure au service de Venise. Son expérience militaire et ses aptitudes de commandant ont fait de lui une personne respectée, sans pour autant être accepté de tous, car la couleur de sa peau fait de lui un étranger. Il lui faut donc convaincre le père de sa bien-aimée Desdémone de consentir à leur union, et sitôt cela fait, le doge l’envoie à Chypre afin qu’il lui serve de gouverneur. C’est sur cette île que l’amour du Maure se heurte à la jalousie d’Iago. Ce dernier aurait préféré être nommé lieutenant du gouverneur, mais confiné à son rang d’enseigne, il décide de se venger d’Othello. Il s’ingénie donc à convaincre Othello de l’infidélité de sa femme en manipulant, volant et mentant sans scrupule. Pour Othello, toutefois, il demeure l’honnête Iago, celui à qui l’on peut faire confiance. Ce sera la confiance qu’il porte à son enseigne qui l’amènera à tort sur la route de la haine et de la jalousie. Les deux hommes fomentent ensuite le meurtre de Desdémone, voyant dans sa mort le châtiment mérité pour son pêché. La tragédie atteint son apothéose alors qu’Othello étrangle sa belle Desdémone dans le lit même qu’il a partagé avec elle. Ce n’est qu’après la mort de son

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épouse qu’il réalise la terrible erreur qu’il a commise. Accablé, il se transperce de son épée et meurt accroché aux lèvres de celle qu’il a tuée injustement.

Si cette œuvre continue de fasciner aujourd’hui, c’est qu’elle plonge au cœur de la nature humaine en faisant ressortir sa facette la plus sombre. Le lecteur assiste impuissant à la déchéance d’Othello qui, pris dans un cercle vicieux, ne peut s’en libérer que trop tard et

par sa mort. Pour le juriste, l’œuvre est également une démonstration du caractère intemporel de certains principes de droit criminel. Dans le cas d’Othello, c’est par l’interaction de ces principes que la tragédie peut s’opérer. La différence de traitements procéduraux accordés à Othello et Desdémone met de l’avant l’importance d’un procès juste et équitable, alors que la complicité d’Iago met en lumière le rôle parfois crucial que le complice occupe dans la commission d’un crime. Finalement, l’œuvre offre une réflexion inattendue sur les conséquences morales de l’acte criminel.

Une première observation peut être faite sur la manière dont sont jugés Othello et Desdémone au cours du roman. La pièce débute de façon presque comique lorsqu’Othello est amené devant le sénateur Brabantio, qui est le père de Desdémone, et le doge de Venise pour répondre à des accusations de sorcellerie. Il semble alors évident pour le sénateur que seule la magie noire aurait convaincu Desdémone de partager la couche du Maure. Le témoignage de la jeune fille permettra d’innocenter son amant. Dans cette situation, plusieurs rôles peuvent être attribués aux personnages : Brabantio comme le procureur, Othello étant l’accusé, le doge faisant figure de juge impartial et finalement Desdémone dans le rôle du témoin. Le procès qui se déroule dans la salle du conseil dans le palais des doges permet à toutes les personnes impliquées de s’exprimer sur l’affaire. Bien que cela n’ait pas la rigueur d’un procès moderne, le respect de certains principes de justice a permis à Othello non seulement de se décharger des accusations, mais aussi de pouvoir marier la belle Desdémone. Cependant, dans l’acte V, lorsque cette fois c’est Othello qui accuse sa bien-aimée, Desdémone n’aura pas le droit à la même justice. Le Maure se présente à la fois comme accusateur et juge, et lorsqu’il se présente dans la salle à coucher, ce n’est pas pour juger, mais punir. Le jugement est déjà tombé. N’eut été du témoignage de la femme de chambre, la vérité aurait éclaté au grand jour. Toutefois, en choisissant la vengeance au lieu de la loi, il condamne son amour. La vraie tragédie de l’œuvre ne se trouve pas dans le cœur d’Othello, mais dans l’absence de droits procéduraux.

Considérer Othello comme le tueur serait une erreur, car il faut voir dans son geste le résultat d’une machination complexe et savamment exécutée. Le vrai architecte du malheur qui tombera sur Desdémone est sans contredit Iago. Bien qu’il ne soit pas l’auteur principal, il agit comme complice et comploteur du meurtre. Il est toutefois difficile de prouver cette accusation, car Iago est très prudent avec les mots qu’il emploie, et malgré

que son intention soit claire, ses agissements, même s’ils sont frauduleux et immoraux, ne sont pas en eux-mêmes illégaux. En effet, le mensonge n’est pas un crime. À plusieurs reprises, ce dernier va tenter de dissuader Othello de commettre l’irréparable, sachant que ses mots vont produire l’effet inverse. Or, ce n’est que vers la fin qu’Iago va endosser le crime, et s’il le fait, c’est qu’il se sent coincé. Lorsqu’Othello lui explique qu’il va tuer sa femme avec un poison, Iago lui conseille plutôt de l’étrangler dans son lit. C’est la première fois qu’il parle du meurtre de Desdémone dans des termes aussi clairs. Pourquoi se commet-il ainsi, lui qui a pourtant réussi jusque-là à rester dans l’ombre? Deux raisons expliquent ce conseil. La première des deux est qu’Othello lui demande de lui apporter le poison, ce qui aurait pour effet de l’impliquer directement dans le meurtre. La preuve de sa complicité serait donc facile à faire, car une fois l’origine du poison découverte, le lien entre Othello et le vendeur de mort est explicite. L’autre raison, plus subtile cette fois, est que l’empoisonnement requiert une certaine planification : il faut se procurer le poison avant de l’administrer alors que l’étranglement ressemble plus facilement à un acte spontané. Or, lorsque le meurtre est non prémédité, il devient presque impossible d’accuser une tierce personne de complicité. De plus, l’absence d’Iago sur la scène du crime lui permet encore une fois de le dissocier de l’acte. De cette façon, il évite également d’être vu en train d’encourager Othello. Il ne faut pas oublier que, pour le lecteur omniscient, sa culpabilité peut être évidente, mais pour le simple témoin, il serait difficile de le rattacher à cette sordide affaire.

En apprenant la vérité sur la fidélité de son épouse, Othello est accablé et ne peut se résoudre à faire face à la justice vénitienne et à son chagrin; il retourne donc sa lame contre lui-même et met fin à sa vie. Il est alors le seul à comprendre la relation entre les mensonges d’Iago et la perpétration du crime, car la femme de chambre meurt de la main d’Iago. En mourant ainsi, le Maure emporte avec lui le seul témoignage qui aurait pu inculper Iago. Avant le geste fatal, Othello avoue avoir commis seul le meurtre, sur la base des rapports erronés que lui a fournis son acolyte, sans l’accuser de quelconque manœuvre criminelle. Le mécréant ne pourra donc pas être accusé de complicité pour un crime plus sévère que celui qui l’a commis. De plus, puisqu’il y a des aveux, il serait difficile de le déclarer coupable. Si le meurtre parfait existe, Iago semble s’en être rapproché, du moins en ce qui concerne Desdémone, car il est tout de même arrêté pour avoir tué la femme de chambre. Sa conduite ne reste toutefois pas impunie, car dans les derniers mots qu’Othello

lui adresse, il lui souhaite de vivre, car pour lui, c’est un bonheur de mourir. Ce sont là les vers les plus tristes de Shakespeare. Dans ce verdict, Othello le condamne à vivre dans toute la solitude que son âme brisée par le remord lui apportera. Les gardes amènent finalement Iago, lui promettant de le faire parler par la torture, et le rideau se ferme. Cette fin est plutôt surprenante. Il serait facile de penser qu’à priori, Othello est heureux de mourir, car cela lui permet d’échapper à sa sentence, mais ce scénario est après réflexion peu probable. En fait, il semblerait plutôt que Shakespeare ait voulu mettre en garde le lecteur contre les conséquences du crime.

Si la prose de Shakespeare peut rebuter celui qui a comme devoir de l’étudier, son drame porte en elle toute la tragédie humaine, le crime. Qu’il soit commis par jalousie, comme dans le cas d’Iago, ou par vengeance, comme le fait Othello, il fait partie de notre nature.

Références :
Othello, par W. Shakespeare, traduction de F.-V. Hugo
Othello, W. Shakespeare, aux éditions The Oxford Shakespeare www.shakespeare-online.com
Shakespeare and the Law, par Richard Strier, version en ligne sur www.press.uchicago.edu Code criminel, L.R.C. 1985, c. C-46.


Ce billet a été écrit par Samuel Nadeau