La lutte aux violences à caractère sexuel et à la culture du viol: Un cheval de bataille

Par Justin Chenel et Nicolas Désilets-Laforge

Dans la foulée de la vague de dénonciations des actes à caractère sexuel en milieu universitaire, un chantier de réflexion s’est mis en branle sur les campus à travers la province.

Des initiatives telles que la campagne « Sans oui c’est non », lancée par l’Université de Montréal, ont fleuri et ont contribué, non seulement à la sensibilisation de la notion de consentement, mais également à ouvrir la porte à un enjeu beaucoup plus large : la lutte aux violences à caractère sexuel et à la culture du viol. Au cours des dernières années, ce mouvement a fait écho dans les différentes instances de l’Association générale des étudiants en droit de l’Université de Sherbrooke (ci-après « AGED »), qui s’est attelée à l’importante tâche de prendre part à ce mouvement, au moyen de diverses mesures préventives.

Permettez-nous de citer quelques mesures dignes de mention. Par l’initiative d’étudiantes et d’étudiants, un comité ad hoc a été formé afin d’évaluer les enjeux reliés à la présence de drogues de soumission dans les activités sociales hors campus organisées par l’AGED. Les propositions formulées par ce comité ont grandement contribué à une prise de conscience collective des membres de l’AGED face à cet enjeu qui met à risque leur intégrité physique et psychologique. Ces propositions ont eu un impact sur moult aspects de l’organisation des activités sociales. À titre d’exemple, le comité ad hoc a recommandé l’obtention de verres à bière munis de couvercles afin de protéger les membres de l’AGED contre les drogues de soumission lors des activités d’intégration. De plus, il a enjoint au Comité d’intégration annuel d’imposer une formation dirigée par le Centre d’aide à la lutte aux actes à caractère sexuel à toutes les intégratrices et tous les intégrateurs. Cette formation a pour but de sensibiliser ces derniers à la reconnaissance de signes avant-coureurs de toute violence à caractère sexuel.

L’AGED s’est récemment doté d’un Comité féministe qui a été actif lors des dernières activités d’intégrations afin que celles-ci se déroulent dans un climat sain et dénué de domination et de jeux à caractère sexuel ou sexiste. La proactivité de ce comité et de ses bénévoles a mené à diverses mesures visant à éviter les problèmes éventuels lors d’activités sociales où l’alcool est présent. Par ailleurs, ce comité assure une présence notoire lors de ce genre d’événement afin de prévenir les actes de violence à caractère sexuel et sert, par le fait même, de ressource de première ligne pour tous, sans égard à l’identité sexuelle.

Considérant l’ampleur de la culture du viol dans notre société, ces mesures sont, bien sûr, plus que bienvenues au sein de notre Faculté, mais il reste beaucoup à faire.

La culture du viol est vicieuse, elle s’infiltre dans nos comportements, dans nos préjugés, dans nos paroles et dans ce que l’on considère comme banal. Sa dénonciation est incontestablement essentielle à son éradication. Dans cette optique, la fameuse « chanson de droit » a été proscrite des activités d’intégrations mises sur pieds par l’AGED, cette pratique ayant été considérée comme dégradante et de très mauvais goût. Un projet de refonte de cette chanson ou de composition d’une nouvelle « chanson de droit » est d’ailleurs envisagé par un groupe d’étudiantes et d’étudiants.

Nous avons foi en la proactivité des membres de l’AGED et en la communauté étudiante du Québec quant à l’élaboration de nouvelles mesures visant à prévenir les violences à caractère sexuel et quant à la conscientisation de ses membres face à la culture du viol. Le mouvement étudiant a historiquement su assurer le respect de ses droits et de ses intérêts. Ce devoir nous implore donc d’agir.

Les auteurs sont membres du Conseil exécutif de l’Association générale des étudiants en droit (AGED) de l’Université de Sherbrooke. Ils écrivent cependant ce texte en leur nom personnel. L’AGED et le Journal l’Obiter sont deux entités étudiantes distinctes.

 

Source de l’image : Hao Yin (Photo Voltaic)


Ce billet a été écrit par journalobiter