Le droit des femmes dans le monde

Les femmes ont historiquement fait, et font encore, l’objet de plusieurs traitements inégaux et barbares à travers le monde, allant de l’exclusion de la vie politique à la mutilation génitale. Ce sont dans des sociétés patriarcales que les femmes ont réussi à faire leur marque malgré tout et à améliorer le sort des autres femmes. De nos jours, alors que certains pays tendent vers une égalité à tous les niveaux, pour d’autres, bien du chemin reste à faire. Voici un bref aperçu des droits des femmes dans plusieurs pays.

Québec (Canada)
Alors qu’il est prévu dans la charte canadienne que les droits et libertés s’appliquent de façon égale entre l’homme et la femme1, et qu’aucune discrimination sur le sexe ne puisse être faite2, la charte québécoise reconnaît, dès son préambule que le respect de l’égalité entre les femmes et les hommes constitue « le fondement de la justice, de la liberté et de la paix ». Cette liberté se répercute dans la vie des femmes québécoises qui ont accès à des postes prestigieux et à la sphère politique, d’autant plus que plusieurs femmes entrepreneures s’épanouissent partout dans le monde. Les femmes ont été intégrées à la sphère politique en 1940, lorsqu’elles ont eu le droit de vote. Ce n’est toutefois que très récemment, soit en 2012, qu’a été élue la première femme première ministre. Sur le marché du travail, se fait toutefois sentir un écart : la rémunération horaire des femmes serait en moyenne 22,35 $ par rapport à 24,56 $ chez leurs homologues masculins3. Selon la même source, la tendance démontre que cet écart s’amoindrirait au fil des années. Plusieurs institutions existent pour favoriser l’accès des femmes au marché du travail, par un accès à des garderies à un coût enviable et à de longs congés de maternité pour assumer la charge de la famille. Plusieurs comités visent d’ailleurs encore aujourd’hui à accroître cette égalité comme la Fédération des femmes du Québec, pour amoindrir les égalités qui subsistent.

Russie
La violence faite aux femmes y est un grand problème : nombreuses sont celles qui en sont victimes. Plusieurs projets de loi ont été proposés pour remédier à ce problème, mais aucun d’eux n’a encore été adopté4. La violence au foyer n’est toujours pas considérée comme une infraction et cela pose un problème à la lutte contre la violence faite aux femmes. Cette inégalité se fait aussi ressentir au niveau du salaire : on estime que le salaire moyen d’une femme qui occupe un poste égal à celui d’un homme ne gagne que 64 % de son salaire5. Les femmes russes profitent toutefois de longs congés de maternité6, ce qui agit comme un incitatif pour prendre le rôle de femmes au foyer, sans toutefois leur faciliter l’accès au marché du travail. Les tâches domestiques sont d’ailleurs vues comme la responsabilité exclusive des femmes. Malgré que la Russie ait signé la convention de l’ONU sur l’élimination de la discrimination envers les femmes, aucune loi n’a été adoptée concernant l’égalité des sexes pour y faire suite7. Les femmes sont sous-représentées pour les postes dans les ministères et autres institutions qui ont un rôle à jouer sur l’évolution de la société. Ultimement, leurs besoins et intérêts sont moins pris en compte8.

Chine
L »article 33 de la Constitution de 1982 de la République Populaire de Chine énonce que « tous les citoyens de la République Populaire de Chine sont égaux devant la loi. »9 De cette façon, il est prévu dans la loi l’égalité entre les hommes et les femmes, mais c’est loin d’être réellement le cas. La politique de l’enfant unique contribue à l’avortement sélectif selon le sexe du fœtus et avantage les garçons, qui sont vus comme étant plus utiles. Les femmes vivent des inégalités quant au rôle auquel on s’attend qu’elles jouent dans la société : nombreux en Chine sont ceux qui pensent qu’il est mieux pour une femme d’avoir un bon mariage que de s’épanouir professionnellement10. Il est généralement attendu des femmes qu’elles jouent un casino online rôle plus traditionnel avec les enfants. Les femmes travailleuses sont toutefois nombreuses et occupent une plus grande place sur le marché du travail, mais toutefois, c’est majoritairement pour des emplois intensifs à faible revenu sans sécurité sociale, ni aucun avantage qu’elles pratiquent11. Les femmes ont accès à des postes en politique; elles sont toutefois sous-représentées, puisqu’elles ne représentent que 21 % des postes12.

Afghanistan
Encore une fois, bien que la constitution afghane garantisse l’égalité des hommes et des femmes à son article 2213, il est plutôt chimérique de penser qu’il y ait réellement une égalité entre les deux sexes. Lorsque les talibans islamistes ont pris le pouvoir en 1996, l’Afghanistan pratiquait la religion musulmane d’une façon très conservatrice et les femmes étaient souvent la cible de discriminations : elles ne pouvaient avoir un emploi, ne pouvaient pas sortir de leur domicile sans porter de burqa leur couvrant la tête jusqu’aux pieds et sans qu’elles soient accompagnées d’un homme, sans compter que l’éducation leur était interdite14. Les talibans ont été chassés en 2001 et, suite à cette date, un courant moins conservateur a permis à des femmes d’avoir plus de pouvoirs. Plusieurs autres changements sont arrivés, dont une augmentation du nombre de femmes en politique : 27,7 % des députés à l’assemblée nationale sont des femmes15. Elles commencent à être davantage présentes dans la police et dans les métiers reliés à la justice. Les filles sont maintenant 40 % des élèves dans les écoles primaires16. Plusieurs femmes journalistes à la télévision, qui avaient peur des représailles de leurs familles de les voir s’exposer ainsi, voient cette situation acceptée par ces derniers17. Toutefois, une telle transition libère des tensions et il y aurait une grande augmentation de la violence faite chez les femmes.18 Les dispositions évolutives venant de l’Amérique seraient contraires à la charia et, selon les plus fondamentalistes, ces influences occidentales perturbent la société. Ce courant moins conservateur est donc de nos jours de plus en plus réprimé, puisque les fondamentalismes religieux ne tolèrent pas ces permissions faites aux femmes et répondent avec violence.

Alexandra Joseph

1 Charte canadienne des droits et libertés, 1982, c. 11, art. 28. Voir aussi Charte des droits et libertés de la personne, L.R.Q., c. C-12, art. 50.1.
2 Charte canadienne des droits et libertés, 1982, c. 11, art. 15 (1). Voir aussi Charte des droits et libertés de la personne, L.R.Q., c. C-12, art. 10.
3 Institut de la statistique du Québec, en ligne : < http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/travail-remuneration/industries/difference-salaire-homme-femme.pdf > (consulté le 19 février 2015).

4 « Les droits de la femme en Russie », Amnesty International, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
5 « Quand les femmes russes lutteront-elles pour leurs droits? », Russia Behond the Headlines, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
6 Id.
7 Id.
8 Id.
9 The Constitution law of People’s Republic of China, art. 33 (2), en ligne : (consulté le 19 février 2015).
10 « Rapport sur les droits de la personne : les femmes en Chine », Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
11 Id.
12 Id.
13 The Constitution of the Islamic Republic of Afghanistan, art,.22, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
14 « Droit des femmes en Afghanistan : OXFAM lance l’alarme », La Presse, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
15 « En Afghanistan, les femmes en liberté surveillée », Le Monde, en ligne : (consulté le 19 février 2015).
16 Id.
17 Id.
18 Id.


Ce billet a été écrit par Alexandra Joseph